Les enjeux géopolitiques inhérents à la maîtrise et au contrôle des flux d''information ont longtemps caractérisé une circulation de
l'information à sens unique du Nord vers le Sud et ceci a fait l'objet de nombreux débats au sein de l'UNESCO dans les années 80 avec le rapport Sean McBride. Mais aujourd'hui encore, la communication internationale cherche toujours
son équilibre et sa régulation entre individualisation des médias de masse, lobbying politique et dérives médiatiques, droits de diffusion et de retransmission de programmes, pouvoirs et
influence des médias transnationaux,...etc. Dans cette atmosphère, n'est-il pas utopique de penser à la construction d'une société de l'information dans laquelle chacun aurait la possibilité de
créer, d’obtenir, d’utiliser et de partager l’information et le savoir ? Les Nations doivent-elles toujours rester dans une logique de compétition, de concurrence et
de détention de l'information comme un pouvoir ? Ou bien les Nations les plus fortes seront-elles celles qui feront usage d'une intelligence collective en partageant l'information entre elles et
en développant des réseaux solidaires, et d'échanges basés sur l'interdépendance. Pour une société de l'information inclusive, la deuxième logique semble plus idoine même si elle prend à
contre-pied la poussée à l’hyper-individualisme,caractéristique de nos sociétés. D'où la mise en place de mécanismes de solidarité numérique et de coopération internationale
décentralisée qui toutefois devraient toujours être réciproques (Nord-Sud et Sud-Nord) afin d'en préserver l'esprit d’échanges, et de créativité. Car le véritable enjeu ici est de ne pas retomber
dans une nouvelle forme d'uniformisation ou de dépendance technologique qui ramènerait - si nous reprenons les termes de Serges Latouche - un « occidentalocentrisme »
Par Destiny Godson
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Publié dans : Société de l'information
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